La manifestation, sans les paillettes
La manifestation est partout. On l’invoque pour attirer l’amour, l’abondance, la guérison, parfois même pour trouver une place de parking un jour de pluie. Elle nous promet monts et merveilles, nous berce d’espoir, et pourtant… on sent bien qu’il y a un décalage.
Parce qu’en grattant un peu le vernis scintillant, on tombe sur un mélange un peu étrange : une base de neurosciences tout à fait sérieuses, un zeste de psychologie, et une bonne couche de jargon « quantico-spirituel » qui fait des merveilles sur Instagram, mais qui résiste mal à un examen un peu rigoureux.
Prenons un peu de recul. Sans cynisme, mais sans naïveté non plus. Comme quand on observe un tour de magie : on apprécie le spectacle, mais on sait bien qu’il y a une explication.
Ce qui est vrai (et c’est déjà pas mal) :
Commençons par là, parce que tout n’est pas à jeter. C’est même ce qui rend ces discours si convaincants.
**Il y a bien un espace entre ce qui nous arrive et notre réaction.**
Ce n’est pas une invention. Viktor Frankl en parlait, et la science le confirme. Dans les moments de stress, prendre une grande respiration, faire une pause de quelques secondes, ça change la donne. Ça permet à notre cortex préfrontal – la partie « sage » de notre cerveau – de reprendre les commandes, de calmer nos émotions et de nous aider à choisir plutôt qu’à réagir sous le coup de l’impulsion.
- Rien de magique là-dedans. C’est de la biologie pure et dure. Et c’est déjà formidable.
Notre cerveau peut changer :
La neuroplasticité, ce n’est pas un mythe. Nos expériences, nos habitudes, ce sur quoi on porte notre attention, tout cela sculpte littéralement notre matière grise. Une pensée répétée creuse son sillon. Une action qu’on reproduit devient plus facile.
- Mais « plastique » ne veut pas dire « instantané ». Le cerveau apprend dans la durée, avec de la régularité. Pas avec une simple intention lancée dans l’univers.
Là où ça dérape :
Le problème, c’est la glissade. On part de faits solides… et sans crier gare, on se retrouve dans un monde de métaphores présentées comme des lois physiques.
Le langage « quantique » qui impressionne
Des termes comme « point de pouvoir quantique », « timeline 5D » ou « technologie du cœur » sonnent bien, mais ils n’ont aucun sens en neurosciences ou en physique. La physique quantique est un domaine ultra-complexe qui décrit le comportement des particules. Elle n’explique pas pourquoi vous avez rencontré votre âme sœur ou décroché ce job.
-Le mot « quantique » est souvent utilisé comme un coup de paillettes sur un discours. Ça fait chic, mais ça n’explique rien.
Le mythe du changement express
Non, votre cerveau ne se « recâble » pas en une respiration. Une respiration consciente peut vous apaiser sur le moment, c’est certain. Mais transformer durablement vos schémas profonds ? Cela demande de la répétition, de la patience, du travail. Les moines bouddhistes ne réorganisent pas leur cerveau en une séance de méditation, mais après des années de pratique.
Le vrai changement est un marathon, pas un sprint.
Les « timelines » qui s’effondrent
Parler d’« effondrement de timeline » peut être une image poétique pour décrire un tournant dans sa vie, la fin d’une vieille histoire. Mais au sens propre, aucune ligne temporelle parallèle ne se désintègre parce que vous avez visualisé votre rêve.
C’est une métaphore. Utile pour l’inspiration, trompeuse si on la prend au pied de la lettre.
Alors, la manifestation, ça marche ou pas ?
Oui, mais pas de la façon dont on nous la vend souvent.
La manifestation fonctionne quand on la voit pour ce qu’elle est vraiment :
* Une façon de clarifier ce qu’on veut vraiment.
* Un outil pour orienter son attention vers ce qui compte.
* Un levier pour ajuster ses actions au quotidien.
Quand vous changez :
* Ce sur quoi vous vous concentrez,
* La manière dont vous interprétez les événements,
* Les petites décisions que vous prenez chaque jour,
* Les actions que vous osez enfin poser…
Votre environnement change en retour. Pas parce que l’univers a reçu votre demande vibratoire, mais **parce que vous, vous avez changé**. Votre posture, vos choix, votre énergie – tout cela influence naturellement vos relations et les opportunités qui se présentent.
Pourquoi on aime tant y croire ?
Parce que ce discours nous offre une potion magique très séduisante : du contrôle sur notre vie, du sens, l’espoir d’une solution rapide à nos problèmes, le tout emballé dans un langage qui a l’air profond et scientifique.
C’est une belle histoire moderne. Elle réconforte. Mais sur le fond, elle est souvent un peu légère.
C’est comme rebaptiser un simple éclair au chocolat en « canon dimensionnel à dopamine quantique » : ça a plus de gueule, mais au fond, c’est toujours de la pâte à choux et de la crème.
Pour conclure :
Ces théories sur la manifestation ne sont pas dangereuses en soi. Elles le deviennent quand elles :
1. Se déguisent en science alors que ce n’en est pas.
2. Promettent des miracles instantanés et sans effort.
3. Vous font porter la culpabilité si ça ne marche pas (« Tu n’étais pas assez aligné·e »).
La vraie transformation, celle qui tient la route, est plus humble. Elle est plus lente, plus tangible. Elle ne se passe pas dans une dimension parallèle étincelante. Elle se joue ici et maintenant, dans votre corps bien réel, avec vos émotions, vos doutes, et votre histoire unique.
Et franchement… c’est déjà plus qu’assez pour accomplir des petits miracles, tous les jours.
Cet article a été rédigé par Jonathan Yahimi - Psycho-énergéticien
Vous pouvez découvrir son service sur le site www.jonathanyahimi.fr
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